Ici dort Isidore

 


 

Ci-gît un adolescent qui mourut poitrinaire : vous savez pourquoi. Ne priez pas pour lui.

Allez-y voir vous-même, si vous ne voulez pas me croire.

Isidore DUCASSE (Comte de LAUTREAMONT), Les Chants de Maldoror.

 

 


À Monsieur Arthur Rimbaud
Paris, jeudi 24 novembre 1870

Monsieur,

Ce matin à 8 heures, dans cette chambre que vous connaissez bien, votre ami Isidore Ducasse s'est éteint doucement. Le mal qui le rongeait de partout a eu raison de lui, malgré son courage et sa vie rangée. Hier encore, il me disait que vous feriez bien de l'imiter plus tard si vous voulez mener à bien votre œuvre de littérature.

Vous souvenez-vous de la façon dont il travaillait. La nuit, assis à son piano, en déclamant. — Je fais comme Gustave, me disait-il, mais lui n'a pas de piano dans son "gueuloir". Il est vrai que le piano qu'il avait fait déménager de son précédent domicile dans la même rue l'aidait à écrire, il le martyrisait comme les phrases qu'il écrivait. C'était son côté sud-américain, je pense ; il lui fallait dompter les mots comme on marque aux fers le bétail dans la pampa.

Voilà un jeune homme dont j'aurai grand regret. Depuis le mois de juin qu'il est venu s'installer dans mon hôtel, je n'ai jamais eu à m'en plaindre.

La nuit tombe sur Paris. Il a plu dans l'après-midi, une pluie fine et froide. L'hiver sera terrible.

Monsieur Ducasse est encore là-haut dans sa chambre, seul, car je n'ai personne pour le veiller et on ne lui connaît pas d'amis ici, pas même une petite amie. Demain viendront les pompes funèbres. C'est ce que m'a dit l'adjoint au maire, à moi et à Antoine, mon garçon d'hôtel, vous ne l'avez pas connu, je l'ai embauché après votre venue chez nous. Il sera inhumé au cimetière du Nord, dans une concession temporaire.

J'ai dû aussi prendre contact avec le banquier Darasse pour qu'il avertisse le père de Monsieur Ducasse. Mais Montevideo est bien loin et je ne sais si ce brave homme fera le voyage pour voir la tombe de son fils et s'occuper de ses affaires de littérature.

Vous trouverez ci-jointe une lettre qu'il vous a écrite il y a quelques jours et qu'il n'a pas eu le temps de vous faire parvenir.

Voilà monsieur ce que j'avais à vous dire. S'il est des détails que vous voulez connaître, faites-le moi savoir et je vous répondrai.

J'ai l'honneur de vous saluer.

Jules François Dupuis
Hôtelier
7 rue du Faubourg-Montmartre  

* 

À Arthur Rimbaud
Paris, 17 novembre 1870

Ami,


Avoir 24 ans et savoir que l'on va très prochainement mourir, éteint à la fleur de l'âge, voilà ma condition à ce jour.

Sur les murs de ma chambre, quelle ombre portée par la lampe acariâtre ? Cette silhouette racornie, est-ce là le fier Maldoror que tu vis en août. Elle a toujours son visage horriblement mort, où ne brillent que les reflets du cadavre, ses cheveux hérissés et sa démarche de poisson désespérément mort.

Je suis seul, si seul. Maman est morte, là-bas, à Montevideo. Je n'avais pas encore deux ans. Pourquoi m'a-t-elle laissé si seul durant tout ce temps ? Papa gère les affaires françaises, méticuleux et docile, honnête mais fort absorbé. La France lui en saura gré. Mais puis-je dire en toute quiétude que mes parents m'ont abandonné ? N'est-ce pas plutôt cet esprit d'aventure qui m'a fait abandonner mon père et ma patrie, moi, voyageur égaré dans ce siècle où je fus jeté. Je ne te souhaite pas de connaître, ô ami, les souffrances que la soif et la faim peuvent causer dans le désert, la nostalgie de ta patrie dans les pays d'errance lointaine et boursouflée, non, je ne te souhaite pas l'égarement de l'esprit dans l'exil du proscrit volontaire pour tenter d'oublier ou de découvrir en toi-même le secret d'une destinée en haillons.

Ma tête me fait de plus en plus mal et je tousse. Quelles insomnies !

Comme une blessure à la tête, que l'on se fait en tombant quand le pied a failli contre un pavé en saillie ou que la foudre, t'en souviens-tu, peut couper précisément un visage en deux à partir du front. Oh ! que je suis faible ! Parfois j'ai l'impression que l'on a brisé d'un coup de marteau ma tête. Cela sonne comme sur l'enclume du désespoir. Et ce sang que je libère de ma bouche carrée, d'où vient tout ce sang, il en pleut, il en pleut toujours, comme il en pleut ! L'atmosphère de ma chambre respire le sang...

Le brasier obsédant de la fièvre livre mon front au froid de la vitre.

Paris est encerclé, les Prussiens s'en viennent et moi je vais m'en aller très bientôt. Je serai né et mort dans des villes assiégées. Manuel Rosas valait bien Bismarck.

J'aurai peu goûté aux bonheurs de la vie mais ce siècle maudit ne m'avait pas convié au festin. Badinguet va certainement y laisser sa chemise. Qu'importe. Mais après… Toi, Arthur, tu seras là pour la voir, cette fin de siècle où tout est encore possible. Le siècle suivant, aussi car tu es jeune et plein de vie. Toi, tu as faim et soif de vie. Manges-en tant que tu peux. À soulas.

Je ne sors plus, je ne vais plus dans les rues. On me porte ma nourriture dans ma chambre. J'y touche à peine. L'appétit aussi me quitte.

Paris a habillé ses remparts de canons. Qui ne servent guère. Qui veut la guerre, ceux qui gouvernent, ou ceux qui les ont élus ? Chacun simule une volonté de bronze à résister mais le désir de capitulation se cache derrière la dentelle de leur propos. Paris dupé se terre, jusqu'à quand ? Bientôt, il se peut, se produira la belle éclaircie d'un immense brasier que tu souhaites. Hugo, où est Hugo, que fait Hugo, qui ne soit acquiescement ? L'on dirait que ce dieu se décourage... Il est pourtant de taille à lever les bravoures.

Même la lampe que la légende attribue aux vices de Maldoror ne brille plus à la surface de la Seine. Son impuissance doit faire rire les Prussiens.


Peu de temps après ton départ, Paris était encerclé. C'était le 19 septembre. Il me semble qu'un long siège commence. Contrairement à toi, toute cette agitation me laisse froid. Cette fin de régime impérial m'assomme. Maldoror a dû naître de là, de cette arrogance du luxe, de cette misère acceptée. Il faudra beaucoup de sang pour faire oublier tout ça. Quant à tout changer ! Même l'envolée de M. Gambetta n'a pu me faire aller Place Saint-Pierre.

J'ai échappé, tu devines aisément pourquoi, à l'enrôlement. Place du Panthéon, on signait à tour de bras. Ni moblot ni soldat, rien que malade, voilà mon sort.


Nous manquons de nourriture, m'a avoué mon hôtelier. Le bouillon est vite avalé et sa chaleur ne dure pas. Il commence à faire froid dans cette chambre. On dit qu'une partie de l'armée de la Loire remonterait sur Paris. Attendre et voir. Le général d'Aurelle de Paladines est bien vieux.

On a voté la semaine dernière. Je ne sais pas trop pourquoi. Plébiscite pour une bande d'incapables. Un jour, la foule envahit l'Hôtel de Ville, le lendemain elle donne l'accolade à des ministres tièdes et mous.

Faudra-t-il lancer les fauves du jardin d'acclimatation sur les Prussiens ? Un rôti de lion ou un civet d'ours me tenterait assez. Les rats n'ont qu'à bien se tenir, morbleu ! Heureusement, un peu d'alcool me permet encore de croire que j'existe. Les nuits sont sinistrement noires. Plus de gaz.


À Montevideo, c'est l'été. Père est au jardin. Il a fini sa journée. Il se repose dans le grand siège d'osier que je lui ai offert. Pense-t-il à moi ? Que sait-il, lui si loin là-bas, de notre sort, du jeu sordide auquel participe sa chère France ?

Dois-je pleurer sur mon sort ? Ou suis-je seul responsable ? Paris, Paris, pourquoi cette ville attire-t-elle tant ? Toi aussi, ami Arthur, tu t'es laissé prendre aux chants de cette sirène. Bruxelles, Londres ou Rome sont tout aussi belles et accueillantes. Est-ce pour sa faune littéraire et artistique que nous, jeunes écrivaillons, nous tombons dans ses rets ?


J'en ai toujours voulu à l'Autre qui avait pris ma mère et ne lui avait pas laissé le temps de m'aimer de tout son amour de mère. Je l'ai poursuivi des griffes haineuses de mes sarcasmes, je le poursuivrai encore si je survis à cet hiver prussien. Maman est morte, mais de quoi est-elle morte ? Jamais là-bas à Montivedeo on a voulu me le dire.  Papa baissait la tête et pleurait. Ah, ma tendre mère aux yeux bleus ! Mes oncles Marc et Bernard ne m'en diront pas davantage, ni mes grands-parents. Maman, aux seins d'écume qui m'a nourri, pourquoi t'en es-tu allée, que t'avais-je fait, que craignais-tu que je te fasse ? En quoi mon babil te déplaisait-il, ou déjà mes alarmes de la nuit ? Ô mère, si frêle, chaque nuit je te convoque parmi les dents acérées de mes cauchemars. Tu m'étreins, jeune fille, mais l'albâtre de ta beauté pétrifie mes gestes. Je rêve pourtant d'un rêve délicieux où l'eau de tes bras bercerait ma fatigue et mes douleurs. Les algues de tes doigts poseraient sur tout le paysage de mon corps l'onguent de la béatitude, l'élixir de l'amour filial retrouvé. Puis, je me loverais dans le cresson de ta féminité pour goûter l'ambroisie du sommeil reposant. Ce serait enfin une lente chute dans la douceur verte de tes eaux amères. Ô la douceur de cette eau où ma vie se termine, l'on y flotte comme l'œuf de la Terre dans l'espace, loin de la conscience et les griffes d'acier de ses tortures. Ô ma mère de brumes et de mirages quand mes jeunes dents caressaient l'ambiguïté laiteuse de tes seins.


J'aurais tant aimé avoir une petite sœur pour m'amuser avec elle et grandir avec elle. Peut-être est-elle morte avec maman. Peut-être est-elle pour toujours là-bas sous les moissons de marguerites et de résédas, dans son lit d'amertume. Maldoror est un fils de ces pensées de fiel qui continuent de dissoudre mes nuits en longs conciliabules avec la mort.


J'ai reçu la vie comme une blessure qui n'a jamais cicatrisé. Elle a eu le goût tenace du cyprès et de l'immortelle.


La guerre, la guerre. Je suis né dans la guerre fratricide d'outre-Atlantique. Quel être humain a pu ne jamais connaître le rugissement des batailles ou le sifflement du crime citadin ? L'espace où Maldoror essaie l'arrogance de ses ailes et l'amertume de son esprit a-t-il engendré une planète qui ne ressemblât pas au cloaque terrestre ? Où se trouve ce havre de paix, qu'aucun dinosaure humain n'a encore bafoué ?

Ô Babylone, cité de lumière, ce nom sonne encore comme un babil d'enfant perdu. Il a cru y trouver une autre mère, un reflet même délavé de celle qu'il a perdue, qui l'a perdu, une ombre même où la fatigue pesante des yeux s'appuie, où le courage affaibli régénère ses synapses. Il ne l'a pas trouvée, ni une sœur qui fût son pendant dans la vie, l'autre plateau de la balance où s'équilibre la vie et s'épuisent les forces du mal, cette âme sœur, alter ego féminin à la sensibilité parente, aux rêves semblables, ce corps que l'on n'ose toucher mais qui sent si délicieusement le chèvrefeuille ou la cannelle, c'est selon les jours, c'est selon les nuits. Il n'a rien trouvé, rien qui durât l'éternité de la passion autoritaire, personne qui méritât la clôture des yeux confiants, l'abandon des mots intimes.


Je n'ai rien trouvé, ou bien je n'ai rien su garder dans le velours de mon amour, dans la conque de mon amitié. Babylone était livrée au cyclone de la prostitution et du crime. J'y ai côtoyé la suie du vice et la candeur du dévouement, les affres du malheur et le cristal impérial de l'exploitation.


Les mêmes assauts de colère et de rancœur que toi m'ont agité, la fièvre de tout jeter bas m'a habité longtemps, elle couve toujours en moi, je la sens, encore intrépide, enthousiaste, pourtant je l'emprisonne dans le corset de mes mots livrés au papier blanc, colère détournée mais tout aussi lucide et implacable. Maldoror vise une cible plus élevée que tous les banquiers et négociants obtus et cupides, que la cour et ses marionnettes guindées, Maldoror vise le plus haut dans l'imaginaire humain, le plus loin dans le temps des humains. Mon ambition est que Maldoror parle encore dans les temps à venir dont il a endossé l'habit noir. Mes mots n'ont pas d'âge, sont de toutes les ères, rien qui ne date mon discours, si ce n'est que cela se passe sur Terre au temps des humains.


Comme celle de maman, on cherchera vainement ma tombe. Elle sera quelque part dans ce no man's land qu'a été le territoire où j'ai vécu. Au temps des grandes famines, on mangeait les morts, cadavres tout chauds ou chairs faisandées fraîchement déterrées. En cette heure de pénurie, passerai-je avant ou après l'éléphant du Jardin ; serai-je plus appétissant qu'un rat dont j'aurai déjà pris le rictus et l'odeur.


Allez, ami Arthur, la nuit tombe une nouvelle fois. C'est elle qui me rend si nerveux et si fragile. Mes humeurs ont toujours pris les couleurs du temps ; à la fois baromètres et thermomètres, mon corps et mon esprit réagissent à chaque fluctuation du climat, de la clarté du soleil. À la nuit, mon esprit emprunte le chemin d'Hadès. Mon corps lui-même ― j'entends chaque parcelle de moi ― rejoint le monde ténébreux où rôde le fantôme de ma mère, fleur immortelle qu'il m'arrive parfois de sentir en plein jour, dans la pleine puissance de l'astre solaire.

 

Est-ce elle, ma mère, qui me dicte ces mots de cendres et de sang ? Ces mots qui sortent de moi sans qu'il y ait tension exigeante à les exhumer, simplement, ainsi que les mots lus dans le dernier journal, sur la dernière affiche, dans la colossale mémoire des livres que ma main caresse. Ô monde opaque des morts que je m'apprête à rejoindre ! Ô antithétique univers où les mères dictent à leurs enfants des mots de haine et abrègent d'une main perverse de jeunes vies ! Il serait préférable de penser que ces mots d'outre-tombe sont des traces tangibles d'un avertissement aux vivants : en chacun de nous sommeille Maldoror, au plus profond de l'inconscient, dans le marais pestilentiel de nos instincts ; vit encore un reste d'animalité qu'il faut contraindre à la soumission, au sommeil éternel. Il m'est doux aujourd'hui, à cette heure terrible à l'horloge, de penser que maman, son front contre mes pensées hideuses, vêt mes propos du bienfait d'un message salutaire. Elle me prépare à la mort, à ma mort. Elle m'attend car elle a besoin de moi. Comme j'ai eu tant besoin d'elle.


C'est elle qui m'a obligé à balayer d'un revers de bras les carcasses des vieux mots empilés dans les bibliothèques. Cher Arthur, il faut que cesse l'hypnotisme du langage, son aimantation néfaste, qui nous tiennent interdits. Il faut redonner au gypse des mots la force du venin qui sommeille en eux, solitaire et grimé. Cela ne pourra venir que d'écrivains jeunes comme toi et moi. Hugo fait dodo, malgré quelques soubresauts bien inoffensifs. Les Parnassiens ne dérangeront personne, tu verras ; les Réalistes dénoncent mais ne dynamitent rien comme le fait Maldoror. Arthur, le Poète doit être voyant, il doit se faire voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous ses sens. Toutes les formes d'amour, de souffrance, de folie. Le Poète cherchera lui-même, il épuisera en lui tous les poisons, pour n'en garder que les quintessences. Ineffable torture où il aura besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il deviendra entre tous le grand malade (regarde où j'en suis aujourd'hui !), le grand criminel, le grand maudit (ô mon Maldoror !) et suprême Savant. Car il arrivera à l'inconnu ! Puisqu'il aura cultivé son âme, déjà riche, plus qu'aucun ! Il arrivera à l'inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l'intelligence de ses visions, il les aura vues ! Qu'il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innombrables : viendront d'autres horribles travailleurs ; ils commenceront par les horizons où l'autre se sera affaissé !

Le Poète est vraiment voleur de feu. Prolonge-moi, Arthur, dans la poursuite de ces textes que je t'ai donnés quand tu vins chez moi. Textes encore mal ficelés, à peine une ébauche sous les morsures de la serpe au billot de l'écriture. Ce ne sont pas des textes qui sortent de vapeurs alcooliques ou de volutes narcotiques. Nés de ce temps double de tristesse et d'espoir, ils cherchent un ailleurs à enluminer, ils espèrent un lecteur complice et efficace pour l'illuminer de leurs mille feux comme la braise attend la paille ou la branche pour embraser l'âtre ou la forêt. Sinon, ils resteront sous la cendre de la désespérance et de l'oubli.

Creuse cette terre nouvelle, Arthur, ensemence-la du génie de ta langue que tu m'as fait découvrir cet été et de la fringale de ta jeunesse. Qu'elle chante des sons inouïs, des images nouvelles et fulgurantes ; brise à bas toutes les idoles, les vieilles et celles dites modernes, rend obsolètes toutes nos visions, nos rêves les plus échevelés, ressuscite de l'Enfer toutes les fêtes, tous les espoirs enfouis.

Oui, poursuis l'écriture de mes textes que je n'ai plus la force ni le désir de créer. Ils sont à toi maintenant, digne fils de ma pensée, soleil de cette fin d'août. Sois, comme j'ai voulu l'être avec mon Maldoror, l'annonciateur des temps nouveaux, un voyant d'après l'apocalypse qui se dessine. Envoûté, sois l'envoûteur alchimique qui transmue les refrains des guinguettes en opéras cosmiques. Sois, cher Arthur, fidèle à l'esprit de Maldoror, et ton nom transportera ta gloire à travers les siècles et les siècles.

Qu'écrire après nous, qui ne sera qu'une littérature frelatée, un requin sans les clous de ses dents. Nous aurons tout dit. Ou presque. Le reste sera sans importance. L'essentiel demeurera dans nos livres. Nous pourrons nous taire enfin, enfermer notre voix dans le cocon des mots de tous les jours compris de tous, vouloir nous marier et avoir des enfants, rejoindre la cohorte de ceux qui n'ont rien renié et marchent dans leur sommeil. Ou rester seul, définitivement.


Adieu ami. Je dirige désormais mes pensées et mes pas dans les marécages de la mort qui m'appelle. Ici dort Isidore.

Retour Arthur Rimbaud à Alost/Aalst

Retour page ACCUEIL du site