Mary TUDOR BRANDON
duchesse de SUFFOLK
De tout ce qui respire et qui a conscience
il n'est rien qui soit plus à plaindre que nous, les femmes.
Euripide, Médée, vv. 230-231L'amour ne règle pas le sort d'une princesse :
La gloire d'obéir est tout ce qu'on nous laisse.
Jean Racine, Andromaque (Hermione, III, 2)
Qui aux Dames ne porte honneur
C'est qu'il n'a point d'honneur au cur.
Chrétien de Troyes, Perceval le Gallois ou Le Conte du Graal

Jean
Bourdichon
Les Grandes Heures d'Anne de Bretagne
entre 1503
et 1508
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http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lisabeth_d'York http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_VII_d%27Angleterre
The Royal arms of Henry VII
Armes royales Tudor - 1486 - British Library
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Frank Cadogan Cowper (1877-1958) - The New Learning - 1910
http://www.explore-parliament.net/nssMovies/01/0164/0164_.htm |
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La vie de Mary, sur préférée d'Henry VIII, est captivante. La naissance d'un fils de Louis XII aurait changé quelque peu le cours de l'Histoire européenne. Son mariage avec Brandon fit de cette princesse destinée à être reine ou impératrice une duchesse oubliée dans son Suffolk.
La présence à la cour de son père "d'ennemis" yorkistes (Lambert Simmel, devenu fauconnier royal et Catherine Gordon, l'épouse écossaise de Warbeck, devenue dame d'honneur de la reine) et le remariage de la veuve de son frère Arthur, Catherine d'Aragon, retenue en Angleterre, avec son beau-frère Henry VIII, ont permis à Mary de réaliser très jeune que les vies des enfants royaux ou prétendus tels, n'étaient pas gouvernées par les règles habituelles des simples gens.
Sa vie ne fut guère différente de celle des autres princesses de son temps. Elle reçut la plus grande part de sa jeune éducation au château d'Eltham, dans le Kent. Près de Londres, à la campagne, c'était un endroit idéal pour que les enfants aient une vie saine loin de l'air impur de la ville et des distractions de la cour. Garda-t-elle souvenir de la visite qu'Erasme y fit, en compagnie de Thomas More, au début de l'été 1499.La grand-mère de Mary, Margaret Beaufort, comtesse de Richmont, ancienne responsable de l'éducation des filles d'Edward IV, gouvernait la cour de son fils et sa famille, la nursery royale et l'école. Elle supervisait les activités de ses petits-enfants, sélectionnait leurs serviteurs et choisissait leurs distractions.
A 5 ou 6 ans, Mary reçut ses propres domestiques, parmi lesquels un médecin, une costumière, un maître d'école et une femme de chambre. Comme tous les enfants royaux, Mary apprit le latin, le français, la musique, la danse et la broderie. Comme la connaissance du français était essentielle, il était enseigné aux enfants royaux depuis le premier âge. Depuis 1498, une "demoiselle française", très probablement Jane Popincourt, avait été nommée comme compagne de jeu et dame de compagnie des deux princesses, vraisemblablement pour leur enseigner le français par la méthode de la conversation quotidienne. En 1512, John Palsgrave fut engagé pour perfectionner son français et quand finalement elle partit pour Paris en 1514, Mary était parfaitement à l'aise à la fois avec la langue et les manières de se conduire françaises apprises en même temps.
Mary grandit à une époque où la place de la femme était encore à la maison, sa principale fonction étant d'avoir des enfants. La pensée médiévale de l'infériorité féminine persistait encore : son premier devoir d'enfant était d'obéir à son père, et adulte, d'aimer son mari et lui obéir, prête et disposée à exécuter sa volonté. L'appétit charnel impudique étant prétendu un vice masculin, elle devait s'y soumettre avec patience et tolérance mais sans aucun désir personnel. Servez donc votre lion, exhortait Erasme, accommodez-vous à ses manières, évitant d'exaspérer sa colère. Pensez en vous-même : là où vous êtes le lion, je suis la lionne ; là où vous êtes maître, je suis maîtresse. Même More, dans son Utopia accepte le principe de la prééminence des maris. Pour les théologiens de la Renaissance, les femmes possédaient la même influence satanique qu'Eve.
En novembre 1498, Mary, âgée de deux ans, reçut sa première " proposition de mariage " : le duc de Milan, Ludovico Sforza, dit Le More, demanda sa main pour son fils, Massimiliano, comte de Pavie, qui avait à peu près l'âge que Mary. Une alliance anglo-milanaise aurait été alors plus avantageuse pour Le More, depuis que l'Italie était sous la menace d'une nouvelle invasion française par Louis XII, qui venait juste d'accéder au trône et s'apprêtait à justifier sa revendication sur le duché de Milan. Le refus d'Henry VII fut courtois mais ferme.
L'éducation de Mary fut interrompue en 1508 par ses fiançailles et son mariage par procuration avec le prince Charles de Castille, fils de Philippe de Bourgogne et de Jeanne d'Espagne, qui eurent lieu après huit années de négociations difficiles. En raison de la jeunesse de Charles, la "consommation" de l'union fut reportée pour quatre ans supplémentaires, après lesquels Mary serait conduite à son mari à la cour de sa tante Margaret, régente des Pays Bas.
Plus nulz regretz,
grans, moyens ne menuz Sur
nos preaux et jardinetz herbus |
Louis
XII en prière ; derrière lui, debout, Charlemagne. Heures de Charles
VIII de France,
Jean Perréal, Louis XII, vers 1514
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La Dame
et Mary d'Angleterre |
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Le Goût |
anonyme
français |
L'Odorat |
L'Ouïe |
attribué à Jean Perréal |
La Vue |
Dessin
de Mary Tudor, 1514-1515 |
Le Toucher-La Tente
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Détail du portrait de mariage avec Charles Brandon, duc de Suffolk
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Blason de Mary, reine de France "
parti, de France moderne, qui est d'azur aux trois fleurs de lys d'or |
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Tapisserie flamande du XVIe siècle à Hever Castle, Edenbridge, Kent, illustrant le mariage de Mary et de Louis sur les sites Pinterest et Delcampe.net *
Enluminure, Mary rencontre
attribué à Jean Perréal
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Charles BRANDON, duc de SUFFOLK
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Mary Tudor et Charles Brandon eurent quatre enfants : Henry - Frances - Eleanor - Henry
1- Henry Brandon (1516-1522) - mort à 6 ans |
2- Frances, Duchesse de Suffolk (1517-1559)
Hans Holbein, The Duchess of Suffolk
Effigie sur sa tombe à Westminster Abbey | 1- Elle épouse en premières noces Henry Grey, Marquis de Dorset. Elle avait de très grandes aspirations pour sa famille.
Ils eurent trois enfants : Jane - Catherine - Mary |
Elle
épousa Lord Guilford Dudley (fils de John Dudley, 1er Duc de Northumberland
et Jane Guilford) Queen Jane I of England (1537-1554) par Master John |
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1er mariage : Henry Herbert, 2nd Comte de Pembroke (fils de William Herbert et
Ann Parr). Ils divorcent vers1555. Catherine Grey (1540-1568) | ||
Mary Grey (1545-1578) | ||
2- Frances épouse en secondes noces Adrian Stokes (1533-1585) Pendant
que son mari et sa fille étaient emprisonnés, Frances demeura à
Sheen, en compagnie d'Adrian Stokes, un " groom " de 21 ans employé
à la Maison Suffolk. Ils eurent une fille : Elizabeth | Elizabeth Stokes (1555 - 1556) |
http://www.luminarium.org/encyclopedia/dorset.htm
3- Eleanor, Comtesse de Cumberland (1519-1547) par Holbein le Jeune | Elle
épouse Henry Clifford, comte de Cumberland Ils
eurent une fille : Margaret |
Elle épouse Henry Stanley, 4è Earl de Derby (fils d'Edward Stanley et Lady Dorothy Howard) Ils eurent 4 enfants : Margaret, Comtesse de Derby (1540-1596) |
4. Henry Brandon (1522 - 1er mars 1534) créé 1er comte de Lincoln en 1525.
Henry Brandon |
Sculptures
en bois de Mary et de Charles.
Mary
Tudor, duchesse de Suffolk, vers 1530
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BIBLIOGRAPHIE - Brown, Mary, Mary Tudor, Queen of France, London, Methuen & Co, 1911. - Gunn, Steven, Charles Brandon, Duke of Suffolk, Oxford, Basil Blackwell, 1988. - Jones, Michael and Underwood Malcolm, The King's Mother. Lady Margaret Beaufort, Countess of Richmond and Derby, Cambridge, 1992. - Loades, David, Mary Rose : Tudor Princess, Queen of France, the Extraordinary Life of Henry VIII's Sister, Stroud, Gloucestershire, éd. Amberley, 2012. - Richardson, Walter, Mary Tudor, The White Queen, London, Peter Owen, 1970. - Sadlack, Erin, The French Queen's Letters: Mary Tudor Brandon and the Politics of marriage in sixteenth-century Europe, New York, Palgrave Macmillan, 2011 and London, Kindle Edition, 2011. - Scarisbrick, John, Henry VIII, London, Eyre and Spottiswoode, 1968. - Strickland, Agnes, Lives of the Tudor Princesses, including Lady Jane Gray and her sisters, London, Longmans and Co, 1868. - Catherine Hermary-Vieille, Le Crépuscule des rois, Reines de cur, Albin Michel, 2003. Roman.
D'autres sites sur Mary : http://www.marileecody.com/henry7images.html http://fr.rodovid.org/wk/Personne:29741 http://www.theanneboleynfiles.com/princess-mary-tudor/4814/ http://www.theanneboleynfiles.com/mary-tudor-marries-louis-xii-of-france/6876/ http://www.theanneboleynfiles.com/death-of-mary-tudor-queen-of-france/5813/
Pour les initiés à l'astrologie, pour ses fervents partisans et
pour faire plus ample connaissance avec Mary Tudor, voici son ciel astral : Descendants of Mary : The " Tudors "
: from Elizabeth Plantagenet and HENRY VII Tudor Site en anglais recensant les femmes
" au pouvoir " : http://www.guide2womenleaders.com/
Site à découvrir, celui de la Société Internationale
pour l'Étude des Femmes de l'Ancien Régime : Mary Tudor, Queen of France by Mary Croom
Brown Série TV : Les Tudors Diaporama avec les portraits de Mary
La notice biographique de Mary Tudor Brandon dans le Dictionnaire des Femmes
de l'Ancienne France du site de la SIEFAR : |
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