Henry Martin propose le parcours suivant en optant pour Antoine Le Viste comme commanditaire de La Dame :
Antoine Le Viste ― Jeanne Le Viste qui épouse Jean René Robertet : 2 enfants, Florimond (qui meurt sans enfants) et Marie ― Marie épouse André Guillart, maître des requêtes et conseiller du roi : 4 enfants ― leur fille Catherine Guillard épouse Geoffroy de Beynac ― leur fils François épouse Diane de Hautefort et meurt sans postérité ― ses biens reviennent à sa mère puis à sa tante (sœur de Diane) Marie de Hautefort, épouse de François d'Aubusson ― leur fille Françoise d'Aubusson épouse Geoffroy de La Roche-Aymon ― leur fille Jeanne-Armande de La Roche-Aymon épouse en 1660 François de Rilhac (fils de Jean de Rilhac, comte de Saint-Paul, originaire d'Auvergne, propriétaire du château de Boussac après avoir acheté la baronnie de Boussac en 1649 à Henri-Auguste de Loménie ; devenu veuf, il se remarie avec Henriette Madeleine des Grillets de Brissac) ― leur petite-fille, Louise de Rilhac épouse en 1730 François de Carbonnières. Le château de Boussac passe à la famille de Carbonnières.
Henry Martin, « La Dame à la licorne », Mémoires de la Société nationale des Antiquaires de France, 8e série, t.7, 1924-1927, p. 137-168.
Archives de la Creuse - Inventaire - 1E 1 à 1E 614
https://francearchives.gouv.fr/fr/findingaid/80c62872d91c461268f39a46847f52a5ca02f438
file:///C:/Users/HOME/Downloads/e-seigneurie.pdf
Patrice Foutakis opte pour Jean IV Le Viste (cousin d’Antoine) comme commanditaire de La Dame. Le cheminement des tapisseries jusqu’à leur arrivée à Boussac, entre 1581 et 1599, est pour lui le suivant :
Jean IV Le Viste – Claude Le Viste (sa fille, mariée à Geoffroy de Balzac, puis à Jean de Chabannes, décédée sans postérité) – Anne de Balzac (sœur du 1er époux, mariée à Guillaume Ier de Joyeuse) – Charles de Joyeuse puis Jean de Joyeuse (fils d’Anne de Joyeuse) – Guillaume II de Joyeuse (fils du précédent) – Anne de Joyeuse (marié à Marguerite de Lorraine, demi-sœur de Louise de Lorraine, 1585-1601, propriétaire du château de Boussac).
Les tapisseries de La Dame seraient restées dans le château de Joyeuse, reconstruit par les fils d'Anne Charles et Jean de Joyeuse, jusqu'à ce qu'Anne de Joyeuse et son épouse Marguerite de Lorraine (demi-sœur de la reine Louise) les offrent à Louise de Lorraine, propriétaire du château de Boussac de 1585 à 1601. À la mort de cette dernière, il lui revient et il le laisse alors à sa fille, Françoise de Lorraine (1592-1669) épouse de César de Vendôme (1594-1665), fils légitimé d’Henri IV (1553-1610) et de Gabrielle d’Estrées (1573-1599). En 1640, Françoise de Lorraine échange Boussac avec Henri-Auguste de Loménie (1595-1666) alors secrétaire d’état, contre une terre de La Ville-aux-Clercs. En 1649, Jean de Rilhac, seigneur de Saint-Paul, achète le château dans lequel sa famille se perpétue jusqu’à ce que l’un de ses membres n’ait de descendance que féminine. Françoise-Armande de Rilhac (1714-1785) épouse en 1730, Jean-Baptiste de Carbonnières (1715-1791). Le château passe à leur fils, Charles-Henri (1735-1808). C’est sa fille Pauline (1774-1841) qui le vend à la ville de Boussac en 1837.
FOUTAKIS Patrice, À la lumière des manuscrits Le Viste, famille de La Dame à la licorne, Garnier, 2016.
—, De la dame à la licorne et de "son" désir, L’Harmattan, 2019.
—, The « Lord and the Allegories of The Lady with the Unicorn », International Journal of Art and Art History, 2020, vol. 8, n°. 2, p. 40-53.
Pour Henry Martin, La Dame arrive au château de Boussac en 1660 ; pour Patrice Foutakis, elle arrive entre 1581 et 1599
Elles y demeureront 222 ans pour le premier, entre 283 et 301 ans pour le second.
Archives de la Creuse, Fonds de Boussac
inventaire 1E 1 à 1E 614 - Date : 1201 - 1810
Familles propriétaires successives du château de Boussac et alliées https://francearchives.gouv.fr/fr/findingaid/80c62872d91c461268f39a46847f52a5ca02f438
Archives Départementales de la Creuse, Guéret, 2013 - série E - Fonds des seigneuries et des familles - Répertoire méthodique. Fonds seigneuries. 1 E Fonds de Boussac file:///C:/Users/HOME/Downloads/e-seigneurie-1.pdf

Plan
du château vers 1550

Boussac vers 1600
gravure de Claude Chastillon
(v.1560 - 1616)
(architecte, ingénieur et topographe du roi Henri IV)
extraite de l'édition posthume de sa Topographie française
parue en 1641
et reprise par Matthäus Merian l'Ancien (1593-1650) dans
sa Topographiae Galliae (Francfort, 1656)
Reprise plus tardivement (p. 24) dans « Album historique et pittoresque de la Creuse »
de Pierre Langlade publié en 1847.
https://books.google.fr/books?redir_esc=y&hl=fr&id=PQeKnBA0BA4C&q=Boussac#v=snippet&q=Boussac&f=false
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http://www.boussac.fr/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Boussac_(Creuse)

Mme
Bernadette et M. Lucien BLONDEAU ont acquis le château
de Boussac
classé aux Monuments Historiques en 1965, alors à l’état d’abandon.


Le salon "Zizim" avant sa restauration
Ils restaurent, remeublent et décorent 40 salles historiques, les ouvrent au public et accueillent ainsi jusqu’à 20 000 visiteurs par an. En 1972, ils sauvent également de la ruine une ancienne commanderie de l’ordre de Malte à Lavaufranche. Dans ces deux lieux, ils organisent chaque année des expositions artistiques, notamment de tapisseries, présentant des œuvres de cartonniers de grande renommée. M. BLONDEAU est décédé en octobre 2016.
http://ladywaterlooblogdunegrandmereindigne.blogspot.fr/2012/07/un-chateau-de-passion-boussac.html
nombreuses
photographies du château sur la base Mémoire du Ministère
de la Culture
Musée
de Cluny
Avant 1870, un membre de
la famille Rothschild résidant à Vienne en Autriche avait eu l'intention
d'acheter les tapisseries pour 70 000 francs-or. La ville de Boussac allait peut-être
accepter, mais le ministre des Beaux-Arts, dont l'autorisation était nécessaire,
refusa.
En 1882, Edmond du Sommerard acheta pour le musée de Cluny
les tapisseries pour 25 500 francs-or. Elles firent leur entrée à Cluny
le 17 juillet 1882 dans une salle solennellement inaugurée par Jules Ferry,
alors ministre des Beaux-Arts.
Les tentures étaient sauvées
: leur restauration pouvait être entreprise, une première fois par
la manufacture des Gobelins, puis entre 1941 et 1944, par Mme et M. Brégère.
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Coïncidence
En
croisant Jean de Brosse, duc de Bretagne, comte de Penthièvre, seigneur
de Sainte-Sévère et de Boussac, fils du maréchal de Boussac,
le compagnon fidèle de Jeanne d'Arc, puis plus tard son fils René,
Antoine Le Viste ne savait pas, ne pouvait aucunement prévoir que leurs
destins allaient se croiser par l'intermédiaire d'un des châteaux
de l'un, des tapisseries de l'autre.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Brosse
et autres nombreux sites
L'Histoire
a ses ruelles où se rencontrent ceux que le destin a décidé
d'unir. Les histoires individuelles, les passions, les amours en définissent
les circonstances et les raisons officielles.
Françoise
de Bretagne, petite-fille de Charles de Blois avait un frère, Charles,
baron d'Avaugour, dont la fille unique avait épousé le seigneur
de Boussac. En 1501, Jean de Brosse avait reçu défense de porter
les armes et le nom de Bretagne. Chasses royales réservées. Son
fils René allait reprendre ses prétentions jamais abdiquées.
Le
contrat de mariage d'Anne de Bretagne et de Louis XII stipulait que si la reine
n'avait pas d'enfants, le duché de Bretagne retournerait à ses plus
proches parents, les Brosse-Boussac. Anne n'avait qu'une seule fille, Claude,
qui pouvait mourir.
Philippe
de Commynes rêva du manteau d'hermine des duchesses de Bretagne sur sa fille
Jeanne : en août 1504, elle épousa René de Brosse, inconstant,
léger, prodigue. Commynes lui prêta de l'argent ; ces créances
devinrent dot de sa fille. Le gendre, toujours alourdi de dettes, déçu
dans ses demandes réitérées de recouvrer ses terres bretonnes,
suivit le connétable de Bourbon dans son alliance avec Charles Quint.
Deux
moys devant la fuite de mondict seigneur de Bourbon, monsieur de Panthievre s'en
alla semblablement vers l'empereur, pour prendre son party contre le roy de France.
Il estoit grand seigneur en Bretaigne, lequel, parce que le roy l'avoit destitué
de sa seigneurie de Painthievre et l'avoit donnée à monsieur de
Bonnyvet, admiral de France, qui estoit son grand mignon, après qu'il eut
parlé au roy, luy remonstrant comme il l'avoit destitué de sadicte
seigneurie pour la donner audict amiral, qu'il luy pleut la luy rebailler, ce
que ne voulut faire le roy, mais luy respondit paroles frivoles. Alors ledict
seigneur de Painthievre dit au roy qu'il luy convenoit prendre party autre part
qu'en son royaume. Le roy luy dit : " Faictes ce que vouldrez. " Adonc
il s'en alla incontinent vers l'empereur qui le reçeut, car il avoit faict
son appointement avec luy devant.
Il
fut tué à Pavie. Ses biens furent confisqués, puis restitués
à son fils Jean IV par le traité de Cambrai du 5 août 1529.
Item,
que Jehan, comte de Pointhievre, seigneur de l'Aigle et de Boussac, filz de feu
Regné, comte de Pointhievre, sera remis et reintegré en tous et
chacuns les biens, dont led. feu Regné, son pere, joyssoit lorsqu'il partit
de France pour aller au service dudit seigneur empereur, ouquel il est trespassé.
Et seront restituez audit Jehan les meubles delaissez a sondit partement de France,
lettres, tiltres et enseignemens quelconques ; mectant a neant toutes sentences,
arrestz, decleracions, donnacions, adjudications, incorporacions et tous autres
actes, que contre les personnes et biens dudit feu Regné, ses hoirs et
serviteurs, qui l'avoient servy et suyvy peuvent avoir esté faiz et rendus.
Et sera led. Jehan, son filz, et est par ce present traicté, remis et reintegré
en toutes et chacunes les querelles et actions que avoit droit de quereller et
demander led. feu Regné, son pere, en quelque façon et maniere que
ce fust et peust etre ; et les pourra icelluy Jehan pursuyr et demander, tout
ainsi que eust fait et peu faire led. feu Regné, auparavant sondit partement
de France. Et sera par led. seigneur roy treschretien ordonné à
la Court de parlement a Paris fere raison et justice audit Jehan quant il en vouldra
faire poursuite ; et de tout ce que dessus luy fera depescher lettres patentes
en bonne et seure forme
Son fils Jean devint un familier de François 1er dont il
épousa la maîtresse, Anne de Pisseleu : le 23 juin 1534, les époux
reçurent en don du roi le comté d'Etampes. Cette terre, augmentée
des châtellenies de Dourdan et de La Ferté-Alais, fut érigée
en duché par lettres de janvier 1537. Nommé en février 1538
gouverneur de Bourbonnais et d'Auvergne, Jean de Brosse fut pourvu du gouvernement
de Bretagne en février 1543, charge qu'il conserva jusqu'en 1564.
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La Manufacture Royale Saint-Jean à Aubusson
« Cette passion pour la tapisserie animait Lucien Blondeau qui était né dans une famille de tapissiers et restaurateurs de tapisserie depuis plusieurs générations. […] Il va donc installer un atelier de restauration à Boussac et continuer le métier de sa famille. En 1990, l'ancienne Manufacture Sallandrouze de Lamornaix étant en faillite à Aubusson, un collège de personnalités creusoises viendra lui demander de la reprendre pour qu'elle reste une Manufacture de tradition et de qualité sans Chine ni machine. Il la reprendra donc avec sa fille Bénédicte et son gendre Jean-Jacques qui s'en occupent toujours aujourd'hui depuis sa disparition en 2016. La Manufacture Royale Saint-Jean continue à tisser des créations contemporaines et à restaurer tapis et tapisseries anciennes. »
« À la fin des années 60, Lucien Blondeau lancera d'ailleurs La Route de la Tapisserie qui commençait à Boussac et rejoignait Ussel en passant par Guéret, Aubusson et Felletin. Ce parcours s'est renouvelé en 2017. »
Château de Boussac. Le château de la Dame à la Licorne, éd. Louvre Victoire, p. 60 et 78. En vente au château.
« La Manufacture Saint-Jean est devenue, voici peu, la Manufacture royale Saint-Jean. L'ajout de « royale » est destiné à l'ancrer à l'histoire et à rappeler une longue épopée qui débute en 1762. En dépit du décès de Lucien Blondeau, survenu en octobre dernier, son propriétaire et dirigeant, elle reste en activité comme l'indique l'exposition consacrée à Jean Lurçat qui a été inaugurée voici quelques jours. Bénédicte Watel, la fille de Lucien et Bernadette Blondeau, et son mari Jean-Jacques, ont décidé de poursuivre l'aventure. »
« Nous allons tout faire pour que la manufacture retrouve sa place à Aubusson mais à une dimension modeste, avec cinq ou six salariés. Nous allons poursuivre le travail de restauration qui était cher à mon père mais nous allons surtout nous tourner vers la création. Nous participerons aux soumissions publiques et nous venons de recruter un lissier confirmé. »
Robert Guinot, Journal Le Populaire du Centre, 13 juillet 2017.
https://www.lepopulaire.fr/aubusson-23200/actualites/la-manufacture-royale-saint-jean-heritiere-de-siecles-de-tissage-se-tourne-vers-lavenir_12483561/
« La manufacture Duplan/Hamot Frères La manufacture Duplan/Hamot puis Hamot frères a remplaçé la manufacture Sallandrouze de Lamornaix à partir de 1878. Elle était installée sur les bords de la Creuse en bas du quartier Saint-Jean. […] La manufacture poursuivit son activité de tapisserie tout au long du XXème siècle et fonctionne aujourd’hui encore. Elle a depuis changé de propriétaire et appartient aujourd’hui à M. Blondeau. »
Romain Bonnot, Le XIXe siècle à Aubusson. La tapisserie face aux mutations de l’âge industriel, dossier pédagogiques pour la classe, p. 26.
https://www.cite-tapisserie.fr/sites/default/files/documents/jeunes/Dossier_la_tapisserie_face_aux_mutations_de_l_age_industriel.pdf
« En 1984, Philippe Hecquet, directeur de la manufacture depuis 1965, rachète l'entreprise à la famille Hamot et constitue une société anonyme sous la raison sociale de "manufacture Saint-Jean". Celle-ci est reprise en 1989 par Lucien Blondeau, propriétaire du château de Boussac (Creuse). »
Emmanuelle Philippe, Tissage (usine de tapisserie et usine de tapis) dit manufacture Hamot, puis Saint-Jean, 2009.
https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/14eef98f-ef4c-46f1-a8f0-69aa6656c126/tissage-usine-de-tapisserie-et-usine-de-tapis-dit-manufacture-hamot-puis-saint-jean?_lg=fr-FR