Jean PERRÉAL 2
Extraits de son Epître à Jacques Le Lieur |
|
|---|
|
|
|
|
Il pourrait être né entre 1455 et 1460 car la première apparition de ce nom, Jean de Paris (mais est-ce lui ?), date d'avril 1483 à Lyon où on le charge d'apprêter le chariot qui transportera François de Paule que Louis XI mourant appelle auprès de lui (Albert Châtelet en doute). En 1485, toujours à Lyon où il était alors maître, deux écus lui sont payés pour l'entrée solennelle du cardinal Charles de Bourbon. Peut-être est-il au service de la reine Charlotte de Savoie en 1483 comme fourrier. Dès octobre 1484, il serait devenu le professeur de dessin de la jeune Marguerite d'Autriche qui deviendra ainsi la princesse la plus cultivée de son temps.
Portrait de Marguerite d'Autriche - vers 1482 - 1500
attribué à Jean Hey (le Maître de Moulins ?)
Metropolitan Museum of Art - New YorkEn 1487, toujours attaché à Pierre de Beaujeu comme fourrier de la maison de Beaujeu, on le charge (avec Lancelot de la Varanne, successeur de Tristan l'Ermite comme prévôt de l'hôtel) d'aller récupérer en Anjou les bijoux et diamants qu'Anne de Bretagne avait confiés, pendant la Guerre folle, à Mme du Plessis-Bourré. Il signa le 6 octobre 1487 un reçu. (cf lettre 1 dans Perréal alchimiste)
|
|---|
|
|---|
|
Le 5 mars 1494, a lieu à Lyon l'entrée solennelle de la reine Anne. Un combat naval est simulé sur la Saône : les chambellans se battent à coups d'oranges. " Le devis des jeux et mystères, aujourd'hui perdu, avait été tracé par " Jean de Paris " qui y avait travaillé pendant huit jours. L'un des tableaux vivants devait représenter " le dauphin, qui jetait des dragées aux gens ". Il ne peut s'agir de l'enfant royal en personne puisque nous savons qu'il est resté à Amboise. " (Yvonne Labande-Mailfert, p. 199)
|
Bronze argenté - 133,7 mm ; 451,17 g. Musée départemental Dobrée inv.896.1.1051- Nantes
|
![]() |
Medalla
de Luis XII de Francia (1462-1515) |
|
En décembre 1495, avec des gages annuels de 240 livres tournois, il est peintre ordinaire et valet de chambre du roi de retour d'Italie ; était-il du voyage ? Certainement car c'est lui qui, en mai, a apporté à Naples le portrait de Charles-Orland à Charles VIII. Ce portrait fut volé à la bataille de Fornoue avec quelques dessins des peintres officiels, butin qui fut ensuite restitué.
Certainement, comme le suppose Yvonne Labande-Mailfert (p. 226) : " En allant avec Hercule d'Este, son beau-père, au-devant de Charles VIII sur la route d'Asti le 9 septembre 1494, Ludovic pensait qu'il pourrait mener le roi à sa guise en le flattant, en lui disant, selon Commynes : " Je vous aideray à faire plus grant que ne fut jamais Charlemaigne. " Il croyait ainsi pouvoir se faire remettre les places florentines de Sarzana et de Pietrasanta, qui autrefois dépendaient de Milan, lorsqu'on serait entré en Toscane, sur les terres ennemies.
Pour commencer, connaissant par Galeazzo le penchant du roi, il va lui présenter les plus jolies femmes de Milan, menées par sa jeune épouse, Béatrice d'Este, dix- sept ans, et par sa fille naturelle, à peine sortie de l'adolescence, qu'il a donnée en mariage à Galeazzo. Elles sont vingt-quatre à cheval, à califourchon, chatoyant cortège. La beauté et la nouveauté des costumes ont stupéfié les Français. De son pinceau, le peintre du roi — qui est peut-être Jean de Paris — a relevé les couleurs du costume de Béatrice pour les princesses de Moulins. Sans doute est-ce là l'origine de ces carnets de modèles des " femmes de divers pays " qui seront saisis à Fornoue [qui figure dans les collections Robertet à la BN]. De son côté, le secrétaire de la reine, André de La Vigne, prend des notes pour son récit du Voyage de Naples.
La future duchesse était vêtue d'une robe de satin vert au corps chargé de diamants, de perles et de rubis et au décolleté audacieux. Les manches laissaient bouffer la chemise fine et se paraient de longs rubans de soie grise traînant jusqu'à terre. Sur le chapeau de soie cramoisie tremblaient trois plumes d'autruche, rouges et grises. Six carrosses suivaient, couverts de velours vert et de drap d'or, pleins de jeunes personnes les plus séduisantes que l'on eût su découvrir. Le roi les invita au bal qu'il devait donner, à la nuit, pour les faire danser à la française. Ces Milanaises ne semblent pas avoir été effarées par la laideur de corps et de visage du roi. On vantait ses qualités d'âme. Sanudo le disait di animo generoso, di ingegno excellente. "
En 1496, il sollicite alors, comme membre de la corporation des " peintres, tailleurs d'images et voirriers " de Lyon, en tête des douze peintres lyonnais, l'approbation royale des statuts qu'ils viennent de donner à leur profession. Figure sur cette liste son aîné Jean Prévost, peintre du chapitre de la cathédrale Saint-Jean.
Jean Perréal devient peintre de cour en 1497. Il se partage entre Lyon et les différents lieux de séjour de la cour. Il suit le nouveau roi Louis XII en Italie fin 1499 (il peut avoir rencontré Léonard de Vinci alors à Turin) et peut-être en 1502, et en 1509. Peut-on déduire de la préface à sa Complainte qu'il était à Marignan en 1515 ?
" Nous n'avons pas de documents sur les travaux que put faire Jehan de Paris à la suite de Charles VIII en Italie ; mais les livres gros & petits imprimés sur cette campagne, depuis Le Vergier d'honneur, d'André Delavigne jusqu'aux Nouvelles du Roy en sa ville de Naples, contiennent des gravures sur bois, où plusieurs sujets ont assez d'actualité pour qu'on puisse les croire faits sur ses dessins. J'essaierai ailleurs d'en donner une indication plus précise ; on doit encore lui faire une part dans les planches qui accompagnent les petits livres publiés sur la mort de Charles VIII, l'avènement de Louis XII, son sacre à Reims, son entrée à Paris, & ses Nouvelles de Milan.
Le chroniqueur Jean d'Auton, dans ses Chroniques de Louis XII rapporte cet "événement" d'août 1501.
Ung nommé Jehan de Paris, painctre du Roy, dist ausi avoir veu a Millan, peu de jours devant, la semblance d'ung enfent monstrueulx, mort n'avoit gueres, lequel estoit né de la femme d'ung mareschal de ladite ville de Millan ; et avoit celuy enfent tout le corps assez bien organisé, avecques deux visages, l'ung devant, l'autre derrière ; a celuy de devant n'avoit yeulx, nez, ne bouche, mais avoit sur le fronc ung vit et deux coillons ; au visage de derrière avoit ausi au menton ung vit et deux coillons, et au lieu de la bouche, ung petit trou tout rond ; au mylieu de ce visage, avoit ung nez applaty contre la chair, et deux semblances d'yeulx sans veue, et a chascun œil deux poppieres, l'une dessus, l'autre dessoubz ; lequel enfent, ainsi monstrueux, sitost qu'il fu né et baptizé, en poisle, par l'advys des parens, tous espaventez de ceste orreur, fut estainct, et enterré en terre saincte.
Mais la chose par les matrones, qui parlent voluntiers, fut descouverte et semée partout ; tellement que plusieurs voulurent voir celuy monstre. Et de faict, fut desterré et veu de chascun, dont pour ce fut a Millan tenu conseil, ou plusieurs grans clercz et autres se trouverent, lesquelz dirent, par conclusion, que ceste estrange merveille demonstroit au pays de Lombardye que les hommes de celle terre estoyent tant tachez du très horrible peché sodomiticque, que myeulx devoyent porter en la face les segretz virilles, pour l'impropere de leurs vices, que les tenir en lieu couvert pour en abuser contre nature, et preposterer son droict. Ore, avoit celuy Jehan de Paris portraicté la figure dudit monstre, apres le vif ; laquelle monstra au Roy et a plusieurs autres, du nombre desquelz je fuz, comme celuy qui lors suyvoye la cour pour savoir des nouvelles et icelles par escript rediger.
Jean d'Auton, Chroniques de Louis XII. Publié pour la Société de l'histoire de France par René de Maulde La Clavière - H. Laurens, Paris, 1889-1895, t. 2, p. 102-104.
Nos anciens artistes saisissaient volontiers les occasions d'étudier la nature, même dans ses écarts, & de servir la curiosité publique.
On connaît de ces monstres plusieurs gravures italiennes & allemandes. Notre Français se rencontra ici avec un peintre de grand nom. Léonard de Vinci, selon le témoignage de Lomazzo (Tructato dell' arte della pittura Milano, 1585, in-4, p. 637), fit aussi à Milan le dessin d'un enfant monstrueux. La description qu'il en donne se rapporte trop bien à celle de Jean d'Auton pour qu'on ne puisse douter que ce ne soit le même que dessina Jehan de Paris.
Jehan de Paris suivit en Italie Louis XII comme il avait suivi Charles VIII, & il y a lieu de lui faire une grande part dans les gravures qui accompagnèrent les livrets publiés sur cette campagne. On en signale dans les Lettres nouvelles de Milan, imprimées vers 1500 avec des vers de Pierre Gringore. "
Jules Renouvier, Jehan de Paris, varlet de chambre et peintre ordinaire des rois Charles VIII et Louis XII
|
A son retour d'Italie, il devient valet de chambre de la reine qui le prend sous sa protection. De 1506 à 1512, toujours attaché au roi, il perçoit une pension de valet de chambre de Marguerite d'Autriche pour la construction, en collaboration avec Jean Lemaire de Belges (son premier biographe dans son livre La Légende des Vénitiens paru à Lyon en 1509), de l'église et des tombeaux qu'elle souhaite élever à Brou. Projet abandonné et achevé par des artistes flamands moins affairistes au gré de la duchesse de Savoie. Mais le plan de Jean Perréal accepté en 1511 ne sera pas modifié par la suite. (Pierre Pradel, p. 149, donne la date du 15 juillet 1510 pour sa nomination comme peintre et valet de chambre de Marguerite d'Autriche ; ce n'est qu'à partir de cette date qu'il peut se dire " peintre de Madame " : "vostre valet de chambre et paintre indigne", dernier adjectif auquel il renoncera quand il se pensera bien admis.)
|
Partie basse du tombeau de Marguerite d'Autriche
église de Brou (Bourg-en-Bresse)
Le gisant de Marguerite porte les cheveux longs, torsadés et libres.
Tombeau de type nouveau à priants et gisants superposés,
imaginé pour Henry VII d'Angleterre
et réalisé à Saint-Denis pour Louis XII et Anne de Bretagne.http://fr.wikipedia.org/wiki/Monast%C3%A8re_royal_de_Brou
Jean Lemaire de Belges parle de lui-même puis de Jean Perréal dans La Légende des Vénitiens, éditée à Lyon par Jean de Vingle en 1509 :
"Quand à ma petitesse, si elle ny ha esté presentiallement, si les ha elle combatus de ceste plume, ainsi que vous voyez. Sil y eschet loz, grâces en soient à Dieu. Mais vostre bon amy, et mon singulier patron et bienfaiteur nostre second Zeuxis ou Apelles en peinture maistre Jean Perreal de Paris, peintre et varlet de chambre ordinaire du Roy, duquel la louenge est perpétuelle et non terminable : car de sa main Mercuriale il ha satisfait par grant industrie à la curiosité de son office et à la récréation des yeux de sa treschrestienne majesté, en peingnant et représentant à la propre existence, tant artificielle comme naturelle dont il surpasse aujourdhuy tous les citramontains, les Citez, Villes, Chasteaux de la conqueste et l'assiette d'iceulx, la volubilité des fleuves, l'inéqualité des montaignes, la planure du territoire, l'ordre et le désordre de la bataille, l'horreur des gisans en occision sanguinolente, la misérableté des mutilez nageans entre mort et vie, l'effroy des fuyans, l'ardeur et impetuosité des vainqueurs et l'exaltation et hilarité des triomphans ; et si les images et peintures sont muettes, il les fera parler ou par la sienne propre langue bien exprimant et suaviloquente. Parquoy à son prochain retour, nous en voyant ses belles œuvres, ou escoutant sa vive voix ferons accroire à nous mesmes avoir esté presens à tout. "
Propos dithyrambiques d'un ami poète. Malheureusement, aucune de ces œuvres ne paraît nous être parvenue, pour une meilleure connaissance de Jean Perréal.
Est-il l'auteur des illustrations du livre du même Jean Lemaire de Belges, Illustrations de la Gaule et singularités de Troyes, paru en 1510 ?
|
Jacques Abelard note p. 60 dans son ouvrage Les Illustrations de Gaule et singularitez de Troye de Jean Lemaire de Belges : étude des éditions, genèse de l'œuvre, Droz, 1976.
" Baudrier (Bibliographie lyonnaise, T.11, p. 3) en attribue trois à Guillaume Leroy, fils du plus ancien imprimeur lyonnais, surnommé le " maître au nombril ". Les vignettes de cet artiste sont en effet reconnaissables à ce que ses personnages lourds et trapus ont leur nombril souligné par une sorte de virgule. Il n'est pas impossible cependant que Perréal ait dessiné au moins les armes de Marguerite car celles-ci semblent porter sa griffe. "
Jules Renouvier, Jehan de Paris, varlet de chambre et peintre ordinaire des rois Charles VIII et Louis XII, écrit :
" Mais les meilleurs renseignements nous viendront encore ici de Jean Lemaire. Il avait commencé, étant encore au service de Marguerite d'Autriche, la publication de son livre fabuleux, historique & poétique, intitulé les Illustrations de Gaule & singularités de Troye, & il le poursuivit quand il passa au service d'Anne de Bretagne, avec les mêmes qualités de secrétaire indiciaire & historiographe.
[La première édition fut donnée à Lyon par Etienne Baland, avec un privilège du roi daté de Lyon 1599, une dédicace à Marguerite d'Autriche, & une épître à Jehan Perreal datée de 1510. La seconde fut imprimée à Paris pour maistre Jean Lemaire, indiciaire & historiographe de la royne, par Geoffroy de Marnes, 1512 & 1513. Il y en eut d'autres en 1525, 1528 & 1529 avec les mêmes planches reproduites ou copiées.]
C'est là qu'avec les dédicaces aux deux princesses & avec les poésies en leur honneur, se trouvent les épîtres à " maistre Jehan Perreal de Paris, painctre & varlet de chambre ordinaire du roi ", qu'il appelle son " singulier patron & protecteur ", son " chier ami, le bon ami du roi, & notre second Zeuxis en paincture ".
L'auteur n'y fait aucune allusion aux figures qui décorent son livre, si ce n'est pour dire qu'elles font bien nécessaires à son propos, mais on peut bien soupçonner que le cher artiste n'y fut pas tout à fait étranger ; leur publication, presque simultanée à Lyon & à Paris, vient confirmer la conjecture. Ces figures consistent en sept planches, dont deux ne sont qu'une répétition agrandie, auxquelles viennent s'ajouter les marques des imprimeurs dans les diverses éditions.
Les armoiries de l'auteur fort compliquées avec sa devise : De peu assez.
Les armoiries d'Anne de Bretagne, écus accolés de France & de Bretagne au-dessus d'un pré où broutent des vaches, avec la devise : Vivite felices. [point de vaches, mais les hérissons de Louis XII et les hermines de Bretagne]
Noé ou Janus & Titea sa femme, réparateurs du genre humain, dans un navire.
Hercules, premier roi de Gaule, Galatea sa femme, & Araxa, reine de Scythie, demi-femme & demi-serpent, représentations appropriées aux premiers chapitres du texte.
Les armoiries de Marguerite d'Autriche avec sa devise : Fortune infortune fort une (Fortis fortuna infortunat fortifer unam).
Ces planches font gravées avec régularité & fermeté sans trop de pesanteur, bien que les détails y soient crûment exprimés. Le dessin indique une manière sage, où le plus gros des façons italiennes est déjà imité.
La plus remarquable par la composition & par la taille, est celle qui fut ajoutée à l'édition de Marnes.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Lemaire_de_Belges
On y voit représentée la reine Anne sur son trône, à l'angle d'une enceinte formée de panneaux & d'un terrain fleuri ; devant la reine, s'ébattent trois demoiselles, &, à ses pieds, est la figure de la Puissance accompagnée d'un ange qui lui présente un livre. La reine est accoutrée à l'antique, avec les cheveux épars & la couronne sur la tête. Le caractère tout païen de la composition est encore marqué par le Mercure gaulois qui figure dans le fond, & par l'inscription au devant du trône DIVE IVNONI ARMONICE SACRVM [soit diva Iunoni harmonice sacrum, harmonieuse Junon, déesse sacrée].
Les miniaturistes n'avaient guère représenté la reine Anne que devant son prie-dieu ; les graveurs sur bois la représentèrent en Junon.
C'est sous son règne que la Renaissance avait fait son plus grand mouvement, & Jehan de Paris en avait été l'un des plus actifs promoteurs ; ce ne peut être que lui, attaché plus particulièrement à la reine comme valet de chambre & garde de la vaisselle, ami & patron de son historiographe, qui a donné le dessin de cette apothéose. Nous verrons que ce n'est pas le seul portrait d'elle qu'il eut à faire.
A la suite des Illustrations de Gaule parurent chez Geoffroy de Marnes d'autres opuscules, en prose & en vers, de Jehan Lemaire, & c'est dans l'épître qui accompagne l'un de ces opuscules, la Légende des Vénitiens, factum en faveur de la ligue de Cambrai, que se lisent les détails les plus intéressants sur notre peintre, dont l'auteur raconte les travaux en Italie à la suite du roi.
" De sa main mercuriale il a satisfait par grant industrie à la curiosité de son office & à la récréation des yeux de sa très chrétienne Majesté , en paignant & représentant à la propre existence, tant artificielle comme naturelle, dont il surpasse aujourd'hui nous les citramountains , les cités, les villes, chasteaux de la conqueste & l'assiette d'iceulx, la volubilité des fleuves, l'inégalité des montaignes, la planure du territoire, l'ordre & le désordre de la bataille, l'horreur des gisans en occision sanguinolente, la misérableté des mutilés nagans entre mort & vie, l'effroy des fuyans, l'ardeur & impétuosité des vainqueurs, & l'exaltation & hilarité des triomphans ; & se les ymaiges & painctures font muettes, il les fera parler ou par la sienne propre langue bien exprimant & suaviloquente. Par quoy à son prochain retour, nous envoyant ses belles œuvres, ou escoutant sa vive voix, ferons accroire à nous mêmes avoir été présens à tout. "
En rapportant cette description des tableaux & des dessins de Jehan de Paris, M. de Laborde a pensé qu'ils avaient été sans doute utilisés par les sculpteurs du tombeau de Louis XII (La Renaissance, t. I, p. 186).
On sait, en effet, que Jehan Juste en exécutant ce monument, en 1518, avait placé au soubassement des bas-reliefs représentant l'entrée de Louis XII à Milan, le passage des montagnes de Gênes & la bataille d'Aignadel.
On sait aussi que ces sculptures étaient traitées à la façon des peintres, avec des plans successifs, des fonds, des ciels & des paysages.
Nous avons indiqué, d'un autre côté, les livres d'histoire & de nouvelles où se trouvent des planches de batailles & de sièges, qui, dans leurs petites proportions, se rapportent à peu près aux descriptions de l'auteur. Il ne nous manque qu'un fil pour en faire une attribution plus précise."
Antoine du Four, poète ecclésiastique Dominicain, évêque de Marseille, confesseur de Louis XII et d'Anne de Bretagne, prédicateur ordinaire de la Cour, imagine de composer un ouvrage qu'il intitule Vie des Femmes Illustres.
Le manuscrit déposé au musée Dobrée de Nantes est orné de soixante-seize miniatures par Jehan Perréal. Anne de Bretagne est présentée au premier rang, entourée d'un groupe de femmes composée de Pénélope, Véturie, Lucrèce, sainte Mélanie, sainte Hélène, Jeanne d'Arc, Médée, Athalie, Cléopâtre et Agrippine. Parmi les portraits, une image à pleine page d'Anne de Bretagne, assise sous son dais et entourée de ses dames d'honneur.
Anne de Bretagne manifeste ainsi son goût passionné pour les manuscrits. Sa bibliothèque personnelle comporte mille trois cents à mille cinq cents volumes, dont 1140 lui ont été donnés par Charles VIII au retour d'Italie : parmi ces ouvrages de piété, sciences, philologie, histoire, fabliaux, romans de chevalerie, en latin, français, grec et italien, la Reine préfère les manuscrits.
Elle collectionne la vaisselle d'or et d'argent. Ses trésors : des tableaux, vases, statues, plats ciselés rapportés par Charles VIII et Louis XII des campagnes d'Italie. Elle a des milliers d'aunes de tapisseries, de Turquie, de Flandre, de France. Ses goûts sont très traditionnels et encore médiévaux : elle préfère le style " français " du gothique flamboyant.
Jean Perréal (Jehan de Paris), valet de chambre gardien des orfèvreries de la reine avec Jehan Neveu, trésorier de l'épargne établit du 7 mai au 14 février 1507 un inventaire spécial de sa vaisselle d'or qui sera marqué à son chiffre.
Jean Perréal se verra confier le soin d'achever le château de Nantes : la tour de la Couronne d'or, les deux étages de loggias sont de lui.
Didier Le Fur, dans son livre Anne de Bretagne, miroir d'une reine, historiographie d'un mythe (éd. Guénégaud, 2000) signale que "parallèlement au manuscrit de Pierre Choque [ouvrage commandé par Louis XII relatant ces obsèques], existe un second récit intitulé Le trespas de l'hermine regrettée. C'est un texte anonyme dont nous ne connaissons que deux exemplaires ... Il est accompagné de six miniatures, pleine page, de fort belle facture, attribuées à Jean Perréal qui fut le metteur en scène des funérailles. Il s'agit très probablement d'un texte concurrent au premier." Voici l'une de ces miniatures : présentation du corps de la reine défunte dans la salle d'honneur du château de Blois (Petit-Palais, ms.665).
|
|
|---|
|
|---|
1- des œuvres qui font l’unanimité chez les auteurs - la miniature de la Complainte de la Nature à l’alchimiste errant - les portraits présumés de Charles VIII et Anne de Bretagne - les croquis à la plume qui se trouvent au dos des comptes pour l’entrée de la reine Anne de Bretagne à Lyon en 1500 - le portrait de Louis de Luxembourg - le portrait de Philibert II de la Platière - les portraits d’un homme et d’une femme du Louvre - le portrait d’un inconnu les mains jointes - le portrait de Jean Le Veneur - le portrait de Pierre Sala - la miniature Louis XII en prière dans sa chapelle avec deux de ses courtisans - les patrons des sculptures du tombeau des ducs de Bretagne - le portrait de Monsieur de Bellefourière - le dessin pour la gravure du livre Champ fleury de Geoffroy Tory
2- d'autres œuvres, attribuées à Perréal, très controversées
- la miniature frontispice d’un manuscrit des Statuts de l’Ordre de Saint Michel - le dessin de la médaille pour l’entrée d’Anne de Bretagne à Lyon - la fresque des Arts Libéraux de la cathédrale du Puy - le portrait de l’homme à la canne - le portrait d'une dame anglaise - le portrait de Louis XII - le vitrail de l’homme en prière
3- des œuvres qui lui ont été données par des historiens mais qui sont aujourd’hui définitivement écartées - le tableau Vierge à l’enfant entre deux donateurs, au Louvre
- « En 1902, dans le Catalogue critique de l’exposition des Primitifs Flamands à Bruges, G. Hulin de Loo propose de voir Jean Perréal dans le peintre anonyme auquel on a donné le nom de convention du Maître de Moulins. Après lui, beaucoup d’auteurs vont se ranger à cette idée, attribuant enfin à un peintre sans œuvre un corpus sans maître. Peu à peu cependant, l’hypothèse va être battue en brèche par de nombreux historiens d’art pour être finalement définitivement écartée dans la seconde moitié du siècle […] Aujourd’hui, on pense que le Maître de Moulins serait effectivement Jean Hay, bien que les récents écrits d’Albert Châtelet l’identifient avec le peintre lyonnais Jean Provost. » (p. 40)
« Goldblatt lui donnait quarante portraits dans son ouvrage de 1950, mais de factures tellement diverses qu’il est impossible de les regrouper sous un même nom. De même, on a voulu voir la main de Perréal dans les illustrations des manuscrits écrits par Jean Lemaire de Belges, Pierre Gringore ou le Hérault Bretaigne à l’occasion des funérailles de la reine Anne (dans ce dernier cas, on pense à des copies d’œuvres de Perréal). (p.41) |
|---|
|
|---|
|
|---|
|
|---|
|
|---|
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
|---|
|
|---|
|
|
|---|
Architecte, urbaniste et ingénieur militaire
Eglise de Brou - Bourg en Bresse http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_de_Brou http://naturelle.canalblog.com/albums/eglise_de_brou/photos/3416974-statuette.html
|
|---|
"Contrerolleur"
|
|---|
Diplomate
|
|---|
Jean Perréalet le prince Zizim ?
|
|---|
Et nous, que devons-nous à Jean Perréal ?
Bibliographie A.
Péricaud l'aîné, Notice sur Jehan Perréal, dit Jehan
de Paris, lue à la Société littéraire de Lyon,
le 10 février 1858. M.
Dufay, Observations sur la correspondance de Jean Perréal, dit de Paris,
avec Marguerite d'Autriche concernant l'église de Brou, imprimerie
de Milliet-Bottier, Bourg-en-Bresse, 1853 Charles-Jules
DUFAY, Essai biographique sur Jehan Perréal, 2013, réédition Paris, Ernest
Leroux, 1896 France
1500 entre Moyen Age et Renaissance Les informations de ce site sont-elles toutes fiables ? : http://www.portrait-renaissance.fr/Artistes/jean_perreal.html Les Archives de l'art français : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5550740h/f1.image Nouvelles Archives de l'Art Français, sur Jean de Paris et Jean Perréal, p. 139-145. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2061714/f155.image Nicole
Hochner, Louis XII, Les dérèglements de l'image royale (1498-1515), Seyssel, Champ Vallon, 2006 : Jean Perréal est cité plusieurs fois. Pierre Jodogne, " Etudes sur Jean Perréal ", Studi Francesi, 1965, p. 83-86. Relation avec la page "Alchimie" de "La Chasse à la Licorne" : cliquer ici |
|---|



| anne de beaujeu, anne
de bourbon, anne de France, antoine le viste, Apocalypse Angers athena, boussac,
brandon, charles brandon, charles quint, charles v, chasse a la licorne, cinq
sens, claude de France, cloisters, connetable de bourbon, dame, duc de suffolk,
françois 1er, george sand, gout, henri VIII, henry VIII, jean le viste,
jean Perréal, jehan de paris, le viste, licorne, lion, louis XII, louise
de savoie, marie tudor, mary tudor, minerve, miroir de naples, chambord, musée
de cluny, nombre d'or, odorat, ouie, pavie, Perréal, perréal, Pierre
de beaujeu, La rochefoucauld, hardouin IX de Maille, Louis 1er d'Anjou, Grégoire
XI, Urbain VI, Francesco Petrarca, François Pétrarque, Catherine
de Sienne, Brigitte de Suède, Avignon, palais des papes, comtat venaissin,
prosper merimee, suffolk, tapisserie, tenture, vue, connetable von bourbon, das
sehvermögen, das zelt, der dame à la licorne, der gehörsinn,
der geruchssinn, der geschmackssinn, der tastsinn, einhorn, einhorndame, franz
den ersten, herzog von suffolk, karl v, löwe, mein einziges verlangen, museum
von cluny, spiegel von neapel, tapisserien, anne of bourbon, anne of france, claude
of france, connetable of bourbon, duke of Suffolk, francis the 1st, golden section,
hearing, jehan of paris, louise of savoy, mirror of naples, musee of cluny, pavia,
sight, smell, tapestry, taste, tent, the hase of the unicorn, the lady and the
unicorn, touch, unicorn, dama al unicornio, museo de cluny, tapicerías,
museo de la edad media y de thermes de cluny, la caza al unicornio, el gusto,
el oído, la vista, espejo de napoles, duque de suffolk, el olfalto, el
tacto, la carpa, mi deseo unico, carlos v, condestable de borbon, atenas, la signora
all'unicorna, tappezzeria, Jehan di Parigi, Claudia di Francia, François
1o, Museo del Medioevo, la caccia all'unicorno, la storia di Persée, il
gusto, l'udito, regina bianca, Louise della Savoia, la vista, lo Specchio di Napoli,
duca di Suffolk, l'odorato, il contatto, Pavia, Carlo V, Connétable di
Bourbon |